Entre doutes, kilomètres et force de caractère, récit d’une année sportive couronnée par un maintien arraché avec les tripes.
Tournefeuille Handball : Un maintien arraché avec les tripes au bout d’une saison de Nationale 2 riche en émotions
La saison 2025-2026 de Nationale 2 féminine s’est achevée sur une immense bouffée d’oxygène pour le Tournefeuille Handball. Après un exercice éprouvant, marqué par un début de championnat chaotique, un effectif à rebâtir et des déplacements interminables, les joueuses haut-garonnaises ont su faire preuve d’une résilience à toute épreuve pour valider leur ticket pour la saison prochaine. Retour sur une année de doutes, de combats et, finalement, de délivrance.
Une reconstruction dans la douleur et un marathon logistique
Le coup d’envoi de la saison a eu des allures de chemin de croix pour le club. Avec un effectif largement remanié à l’intersaison, le groupe est quasiment reparti de zéro. Cet apprentissage forcé s’est traduit par un retard à l’allumage sévère, concrétisé par cinq revers consécutifs d’entrée de jeu. Le Tournefeuille Handball s’est ainsi retrouvé englué à la douzième et dernière place du classement pendant une grande partie de la phase aller, occupant la position de lanterne rouge lors de neuf journées distinctes.
La situation a poussé l’entraîneur, Tanguy Vérove, à admettre qu’il a souvent fallu « bricoler pour ne pas couler », le technicien devant régulièrement composer avec une infirmerie pleine, incluant notamment la perte simultanée de ses deux gardiennes. À cette usure mentale s’est ajoutée une fatigue physique indéniable liée aux exigences géographiques de la poule. Au fil des mois, les Tournefeuillaises ont avalé pas moins de 4 323 kilomètres sur les routes, soit environ 52 heures de trajet cumulées. Avec une moyenne de 393 kilomètres par déplacement, le club a dû encaisser le quatrième plus gros total kilométrique de tout le championnat.
Le déclic face aux cadors et la montée en puissance
Pourtant, malgré un classement défavorable, le groupe a refusé d’abdiquer. Les prémices d’un renouveau se sont fait sentir en deuxième partie de saison lorsque les Haut-Garonnaises ont commencé à bousculer les ténors de la poule. Elles ont d’abord arraché un match nul prometteur contre Thuir (30-30), troisième du championnat, avant de ne s’incliner que d’un tout petit but face au dauphin, Pau Nousty. La confirmation de ce potentiel est arrivée avec une victoire autoritaire face au quatrième, Lège Cap-Ferret.
Mais l’exploit qui a véritablement servi d’électrochoc a eu lieu début mai sur le parquet du leader incontesté, le CM Floirac Cenon. Abordant cette rencontre sans pression, comme un match bonus, le THB a signé une victoire retentissante sur le score de 30 à 27. La gardienne Julienne Kamtchueng a été l’une des artisanes majeures de ce succès inespéré, réalisant 10 arrêts déterminants pour porter son total personnel à 88 parades en onze rencontres. Comme elle le soulignait à la sortie des vestiaires, l’équipe a su gérer sa pression pour montrer avec détermination que ce match était le sien, prouvant que la fluidité du jeu tournait enfin en leur faveur.
Des statistiques offensives déterminantes
Sur le terrain, la révolte a été menée par des individualités capables de prendre leurs responsabilités pour porter le bilan offensif de l’équipe à 606 buts marqués sur la saison. Emma Terrisson s’est imposée comme la leader de cette attaque avec 94 réalisations en 21 matchs, soit une belle moyenne de 4,5 buts par rencontre.
À ses côtés, Lucile Guilhot a fait preuve d’une efficacité chirurgicale. En seulement 16 apparitions, elle a inscrit 83 buts, affichant la meilleure moyenne de l’effectif avec 5,2 buts par match, et s’est montrée impériale sur les jets de sept mètres en transformant 50 pénalties. L’animation offensive a également pu s’appuyer sur la régularité de Julie Dayraut, auteure de 60 buts, ainsi que sur les apports précieux de Lola Briard sur l’aile droite et Binta Ba, toutes deux à 46 réalisations, ou encore de Charline Raymond avec 42 buts.
« Un vrai match à la mort » : L’apothéose à Blanquefort
Tout s’est finalement joué dans un climat d’une tension extrême le 16 mai, lors de l’avant-dernière journée. Les Tournefeuillaises se déplaçaient sur le terrain de l’ES Blanquefort pour un véritable choc de bas de tableau. Menées 17 à 15 à la pause dans une salle acquise à la cause girondine, les joueuses du THB n’ont pas cédé à la panique. Elles sont revenues au score dès la 32e minute, amorçant un chassé-croisé étouffant.
Les deux équipes se sont rendu coup pour coup jusqu’aux ultimes secondes. Alors que le tableau d’affichage indiquait une égalité parfaite de 31-31 à la 58e minute, c’est finalement Alyssa Zouari qui a revêtu le costume d’héroïne en inscrivant le but de la victoire (31-32) à seulement une minute et trente-deux secondes du gong final. Tanguy Verove a salué la solidarité de son groupe dans ce qu’il a qualifié de « vrai match à la mort », soulignant que cette partie avait été la plus difficile de l’année.

Un bilan final salvateur et des espoirs pour l’avenir
Au terme des 22 journées, le Tournefeuille Handball clôture son exercice à la neuvième place avec 38 points, forts d’un bilan de 7 victoires, 2 nuls et 13 défaites. Ce classement leur permet de sauver leur tête, devançant définitivement les trois équipes reléguées : l’ES Blanquefort (33 points), le Pays des Nestes (31 points) et le Stade Montois (30 points). Loin derrière le champion Floirac Cenon et ses 58 unités, le THB savoure néanmoins ce maintien comme une victoire majeure. Le mot de la fin revient au staff tournefeuillais qui, conscient du potentiel d’un groupe capable de faire chuter le leader, aspire désormais à construire sur cette dynamique avec une seule idée en tête pour la saison prochaine : conserver de la stabilité pour retrouver rapidement le haut du tableau.