SG1 – La transition

Englués dans une poule particulièrement relevée, les hommes d’Abdellah Hanoun ont su batailler pour assurer l’essentiel au terme d’une année de transition.

De lourdes attentes dans une poule de fer

Le THB abordait cette saison avec un profond sentiment de revanche. Au printemps précédent, l’équipe avait longtemps cru à l’accession en Nationale 2 avant de s’effondrer dans le sprint final, échouant à quatre petits points du promu, Arcachon. Une fin de parcours frustrante, marquée par une seule victoire sur les cinq derniers matchs, qui avait laissé un goût d’inachevé.

C’est avec la ferme intention de se mêler à nouveau à la lutte pour la montée que l’entraîneur Abdellah Hanoun avait prolongé son bail, convaincu du potentiel de son groupe. L’effectif avait d’ailleurs été préservé de tout départ majeur et judicieusement renforcé par les arrivées du demi-centre Lenny Linconnu et de l’ailier Timmy Pietrasinski. 

Cependant, le technicien tournefeuillais ne s’y trompait pas en qualifiant la poule de « plus costaud que la saison dernière ». Avec la présence d’équipes reléguées de N2 comme Orthez et l’Irisartarrak HB, la concurrence s’annonçait féroce. La compétition lui a d’ailleurs donné raison, l’Irisartarrak HB survolant le championnat pour s’emparer de la première place avec 60 points.

Le spectre de la jeunesse et l’irrégularité chronique

Les ambitions de haut de tableau se sont malheureusement heurtées à la réalité du terrain. Les Tournefeuillais ont souffert d’une irrégularité chronique dans leurs performances.
« Cela veut surtout dire qu’il faut du temps pour construire un groupe », analysait le coach Abdellah Hanoun après 12 journées, rappelant la jeunesse de son effectif composé de dix joueurs âgés de 18 à 20 ans. Les pertes de piliers en début de saison dues à des blessures récurrentes (Bordere, Grandene, Linconnu, Genier) ont compliqué la tâche du staff technique
.

Les duels face à l’Entente Castanet-Ramonville-Auzeville (CRAHB) ont été le théâtre de bras de fer particulièrement serrés. Contraints de céder de justesse à l’aller (24-27), les Tournefeuillais ont livré une prestation courageuse au retour (28-30).
Au-delà du score, ces confrontations très accrochées ont surtout cristallisé le défi majeur du groupe cette année : ces entames de matchs chroniquement laborieuses qui, mises bout à bout, ont fini par laisser des traces sur le bilan comptable de la saison. »

Ce retard à l’allumage n’était pas un accident isolé, mais bien la faille statistique de la saison. Les données sont d’ailleurs implacables : sur les 12 rencontres où le THB a été mené à la pause cette année, l’équipe n’est jamais parvenue à inverser la tendance pour l’emporter.

Une éclaircie en deuxième partie de saison

Malgré les doutes, le Tournefeuille Handball a su trouver des ressources pour redresser la barre en cours de saison. L’équipe a connu un sursaut notable après la trêve hivernale, enchaînant trois victoires autoritaires en quatre matchs, une série qui a redonné de l’espoir au groupe. « L’équipe a mûri et repris confiance : je sens que ça va le faire sur cette deuxième partie de saison », déclarait alors l’entraîneur.

Cette embellie s’est notamment concrétisée par une probante victoire à domicile face à Orthez (38-31), l’une des équipes reléguées de N2. Lors de ce match maîtrisé, l’adresse de Maxime Trihan (9/12) et la solidité de Soufian Mokrini dans les buts (15 arrêts) ont permis au THB de dominer son adversaire. Le coach s’est réjoui de la « dimension collective » de son équipe, capable de produire du beau jeu malgré les absences de cadres, et a salué la performance du jeune Raphaël Gaston (4/4 aux tirs).

Maxime Trihan intenable et des gardiens d’élite

Si le collectif a parfois vacillé, plusieurs individualités ont maintenu le navire à flot. Offensivement, Maxime Trihan a réalisé une saison absolument exceptionnelle. Véritable métronome de l’attaque tournefeuillaise, il a inscrit 150 buts en 21 matchs. Avec une moyenne de 7,1 buts par rencontre et plus de 63 % de réussite, il a été déterminant, bien secondé par Guillaume Gazano (67 buts), le capitaine Julien Le Magoarou (61 buts) et Maxime Genier (53 buts). Les recrues se sont également illustrées, Timmy Pietrasinski et Lenny Linconnu trouvant le chemin des filets respectivement à 48 et 41 reprises.

L’autre grande force du club aura été sa muraille défensive. Le Tournefeuille Handball s’est appuyé sur le 3ème meilleur bilan au poste de gardien du championnat, réalisant en moyenne 14,1 arrêts par rencontre. Adam Maliki a été le plus sollicité, écoeurant les tireurs adverses avec 125 arrêts (8,3 arrêts/match). Steven Bizard a compilé 85 parades en seulement 8 apparitions (10,6 arrêts/match). Soufian Mokrini est venu solidifier ce trio incontournable avec 78 arrêts.

Après cette année de transition, conclue solidement dans le ventre mou du classement (8ème avec 42 points), le Tournefeuille Handball sait désormais quels chantiers aborder. S’ils parviennent à gommer leurs entames de matchs difficiles et à stabiliser leur effectif, nul doute que les Haut-Garonnais auront de nouveau les arguments pour se hisser vers les sommets de la Nationale 3 l’an prochain.

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